Brûler l’huile de minuit, c’est ce que Midnight Oil ont fait durant leur carrière: ils ont travaillé fort.
Midnight Oil, c’est un groupe rock australien engagé. Tellement, que ses chansons portent presque toutes sur des sujets de type social, environnemental ou politique.
Ouach, vous direz!?
Bien, malgré cela, c’est un groupe à succès mondial avec des hits, tel que Blue Sky Mine, Beds are Burning et The Dead Heart, des chansons « engagées ». La première parle de l’exposition à l’amiante d’une tragédie minière, alors que les deux autres traitent respectivement de protestation pour retourner des terres ancestrales et de la colonisation du point de vue indigène.
Loin de moi d’être militant. Mais, quand tu réalises que leurs plus grands succès traitent de sujets aussi délicats et controversés, tu ne peux qu’avoir du respect pour un groupe de personnes, de musiciens, qui poussent leurs convictions aussi loin et qui les assument pleinement.
J’ai une relation spéciale avec Midnight Oil. C’est un groupe qui me réconforte, qui m’accompagne dans des moments de recueils, de défoulement, et de réflexion. C’est probablement mon deuxième groupe favori/fétiche après The Cult. Car, mis à part le fait que leurs chansons soient excellentes, il y a une réelle intégrité qui se dégage de ce groupe. Cela m’interpelle.
Je ne sais pas si c’est le fait qu’ils viennent d’un autre continent, mais leurs compositions sont assumées et profondes, tant dans les paroles que dans la musique. Ne me méprenez pas, vous le savez, j’adore la musique, beaucoup de musique, mais en comparaison à des groupes de type hair metal (style que j’aime aussi comme je vous en ai fait part dans cette entrée de blogue), on s’entend que le niveau de maturité n’est pas le même. On se souvient de Girls, Girls, Girls, hmm?
Les albums de Midnight Oil sont dans les rares que j’écoute d’un couvert à l’autre avec beaucoup attention.
C’est avec The Dead Heart de l’album Diesel And Dust que j’ai découvert ce groupe. Le duo de guitares acoustiques, leur rythmique, et le refrain. Comment ignorer? Ensuite, j’ai découvert la profondeur du groupe en écoutant l’album au complet; de Bullroarer avec son ouverture justement de cet instrument de tradition indigène, à Whoah qui semble décrire une relation tendue avec Dieu. Tout cela en passant par Beds are Burning. Pas une chanson laisse de glace, en tout cas pas moi.
Ils ont par la suite enchaîné avec l’album Blue Sky Mining. Quel chef d’oeuvre encore une fois. Mes favorites: River Runs Red (vous comprendrez pourquoi en l’écoutant) et Antarctica (seulement quatre accords, mais quelle belle chanson). S’ensuivit d’un autre album à succès, Earth, Sun and Moon, qui, à ma compréhension, est le plus controversé, car il dénonce clairement le gouvernement australien et sa relation avec les indigènes du pays. Écoutez Truganini et My Country. Quoique Midnight Oil ne se soit jamais défilé ou excusé pour leurs chansons, celui-ci semble avoir davantage secoué l’establishment. Ils ont toujours assumés. Au point même, où ils ont été des portes paroles de plusieurs causes et organismes, tel que Greenpeace et le Australian Conservation Foundation.
Pour le premier, Peter Garrett, le chanteur du groupe, a été membre du CA international et, pour le second, président. Loin de s’arrêter là, Garrett annonce son départ du groupe pour se consacrer à la vie politique. En 2004, il est élu au parlement Australien et, en 2007, devient ministre de l’environnement, de l’héritage et des arts. Puis, de 2010 à 2013, il est ministre de l’éducation et de la jeunesse.
Quand même, non?
Si j’avais quelqu’un à rencontrer avant de quitter ce monde, ce serait lui (je vous en parle davantage dans l’entrée de blogue « Respect« ).
J’ai vu le groupe deux fois en concert. Le premier était en 1993 lors de la tournée canadienne Another Road Side Attraction (dont The Tragically Hip était la tête d’affiche), l’autre plus récemment en 2017 au Métropolis. Le spectacle de 1993 démontre bien le caractère Peter Garrett: durant la prestation, il s’est adressé directement à un fan particulièrement problématique avec un verbe magnifique et une détermination particulière. Le respect, c’est ce qu’il demande.
Dans une entrevue donnée au journal Le Monde en juillet 2017 à l’aube d’une nouvelle tournée mondiale, Peter Garrett exprime un des manques qu’il a vécu durant son absence du groupe, soit « Pas tant les concerts, les tournées, l’agitation, que la camaraderie d’un groupe de musiciens. Ces moments où on se retrouvait, par exemple, avant un concert, pour plaisanter, bavarder, jouer une chanson des Beatles… Après autant d’années, un groupe de rock devient une famille après avoir été un gang. » Si vous avez lu mon entrée de blogue « I’m With The Band« , vous comprendrez que cela me rejoint tellement; mon groupe est aussi une famille, un refuge.
Nous avons sûrement tous brûlé la lampe de minuit à un moment donné dans nos vies, mais je vous invite à la brûler encore avec Midnight Oil.
Bonne écoute.
