Récemment, je suis allé voir le spectacle d’un groupe duquel j’ai fait partie pendant quelques mois, et c’est avec une certaine nostalgie que j’y ai assisté.
En effet, pendant près de 30 ans de façon presque consécutive, j’ai fait partie d’un groupe de musique; un principal et d’autres satellitaires. Au total, j’ai dû jouer dans près d’une dizaine de groupes de toutes sortes, du rock alternatif au disco/funk/jazz, en passant par le rock n’ roll des années 60 et 70, et plus récemment le rockabilly.
Pendant un moment, étant donné mon état de santé, j’ai dû mettre cela de côté. Je vous avouerai que cela laisse un vide, une morosité. Pour quelqu’un comme moi, musicien et amoureux de la musique, ne pas être dans un band est un grand manque. Oui, je peux en écouter et en jouer chez moi, mais rien ne remplace faire partie d’un groupe.
L’Homme n’est pas fait pour être seul; il est fait pour vivre en groupe, en société, comme les animaux. Ça vaut aussi pour celles et ceux qui ont une passion; ils aiment la partager. Pour un musicien, c’est sur scène ou dans un local de pratique, mais avec d’autres musiciens.
Dès l’âge de 15 ans, je me suis retrouvé dans un groupe. À cette époque, c’était toute ma vie. Mes chums, c’étaient mes bandmates. Nous étions souvent ensemble, notre vie sociale tournait autour du groupe. En vieillissant, les parcours se sont séparées un peu, mais le band c’était toujours le point de repère de nos vies, en tout cas de la mienne. J’appartenais à un groupe. C’était (c’est) une fierté et un réconfort.
Aujourd’hui, après 30 ans, c’est toujours mon point de repère. Le dernier groupe de musique auquel j’ai participé, il y avait deux musiciens avec qui j’ai joué à différentes époques. C’était donc apaisant même si c’était une nouvelle aventure pour moi; un nouveau style. Les autres membres sont devenus des « amis », bien que nous n’ayons seulement la musique comme point commun.
L’énergie d’un groupe, c’est particulier. Souvent, bien naturellement, les « morceaux » se placent d’eux même; une dynamique s’installe au sein du band et détermine la place de chacun. Comme quand on joue une pièce musicale, il faut savoir « écouter » et être attentif. Un groupe qui ne s’écoute pas, c’est le désastre souvent; un part dans un sens et l’autre ailleurs. Cacophonie. C’est la même chose au niveau des relations interpersonnelles dans le groupe. Si tu n’écoutes pas l’autre, tu ne feel pas la vibe où la direction où il s’en va, c’est souvent la zizanie qui s’installe. Des fois, un leader prend naturellement sa place alors que d’autres suivent; il faut écouter et respecter. D’autant plus que dans un groupe de musique, c’est à la base une passion qui nous réunit. C’est donc une source émotive qui est touchée, et elle peut devenir bouillante lorsqu’activée.
Néanmoins, faire partie d’un groupe c’est comme faire partie d’une famille, avec ses bons et mauvais côtés. Bien des groupes se dissolvent à cause du manque d’écoute. Mais, plus souvent qu’autrement, ils se reforment par la suite; la passion, la connection musicale entre eux trop forte à ignorer.
Don Henley, membre des Eagles, avait bien dit en 1980 au lendemain de la séparation du groupe que celui-ci se reformait « only when hell freezes over« . C’était assez clair comme message. Mais, en 1994, à leur réconciliation, c’est justement ce qui a inspiré le titre de l’album et la tournée, Hell Freezes Over.
C’est une expérience très chère pour moi, et je la rechercherai toujours, tant que je pourrai jouer de la musique.
As good as I am, I am nothing without my band – Steven Tyler d’Aerosmith.
