octobre 21

Yee-Haw!

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Yee-Haw!

Bruno Ménard

Si vous me connaissez depuis longtemps, vous m’aurez déjà entendu dire, « j’aime toutes les sortes de musique, sauf le country et le rap ».

Et… si vous me connaissez depuis peu ce serait plutôt, « j’aime toutes les sortes de musique… ».

Ben oui, j’aime le country, maintenant. ?

Est-ce dire que l’âge apporte la sagesse, ou il ramollit? Hmm. Sais pas, mais depuis quelques années, j’ai commencé à davantage m’intéresser et apprécier ce style de musique.

Un des premiers souvenirs de ce « changement » est certainement d’avoir été un envoûté par les Country Music Awards, les Oscars de la musique country. Avez-vous déjà pris le temps d’écouter ce gala? Wow. C’est tout un show. Pas de bitchage sur toutes les causes possibles et inimaginables, du respect pour les autres artistes, et beaucoup de musique. Bref, un show positif.

Quant au rap, bon, ce n’est pas encore un goût acquis, mais j’aime bien certains artistes, comme Macklemore.

Mais, on « focusse« .

Quand on pense à la musique country, ce qui vient à l’esprit c’est souvent Rhinestone Cowboy, les « violoneux », des chansons « lirantes », et Dolly Parton.

Mais j’y ai découvert tout un univers. Très riche et varié. Encore parfois « lirant », mais aussi beaucoup plus moderne, alternatif, et intéressant. Oui, Dolly est encore aussi présente et populaire, mais c’est maintenant une autre génération qui a pris la pôle.

Et, justement, dans la présente entrée de blogue, ça concerne ma playlist Americana, où c’est plutôt le alt-country qui domine. C’est un genre qui mêle, oui, le country, mais aussi du rock, du bluegrass, du folk, et du blues, entre autres. Un mish-mash de styles.

C’est avec Neko Case que tout a débuté; une chanteuse de country alternatif qui vient également de la musique indie via le collectif canadien, The New Pornographers (lisez l’entrée de blogue « Post.Punk.What?« ). J’ai découvert son album Blacklisted lors de mes nombreuses visites aux stations d’écoute d’Archambault et Renaud-Bray, à l’époque où celles-ci étaient plus nombreuses en magasin.

Imaginez être dans un bled de l’Amérique profonde, assis au bar d’un club enfumé qui sent la bière et le whisky. Le band de la soirée joue derrière un treillis métallique, à l’abris des clients parfois un peu trop éméchés. C’est Blacklisted. Un album fantastique. Des chansons un peu sales, mais pas trop, des sonorités profondes et réverbérantes, une voix puissante et pure. Un vrai chef d’oeuvre. Écoutez.. ben, tout l’album. J’ai de la difficulté à choisir. L’essentiel: Deep Red Bells, Lady Pilot, Look For Me (I’ll Be Around), et Blacklisted.

Et cela, s’est poursuivi sur son album studio suivant, Fox Confessor Brings The Flood. Cette fois-ci, nous ne sommes plus dans un bar, mais un vieux garage quelque part dans le Midwest américain. Toujours sale, la même voix mais un peu moins profond, plus « réel ». Les pièces qui ressortent du lot, Hold On, Hold On, Star Witness, et The Needle Has Landed.

Au fil de ses albums, elle est souvent accompagnée de plusieurs musiciens invités, notamment The Sadies; la pièce Hold On, Hold On étant un exemple probant. Ce groupe de Toronto offre un style alt-country qui mélange habilement le country, le rock et la musique « surf », soit des guitares twangy (pas vraiment de traduction, mais la définition généralement acceptée c’est le son que fait une corde de guitare après qu’elle ait été pincée – twang!) avec beaucoup de réverbérations. J’aime bien leur album Favourite Colours. La pièce d’ouverture, Northumberland West donne le ton de ce qu’ils sont.

Bon, et je vous parle de qui maintenant? Depuis quelques années, j’ai découvert tellement d’artistes provenant de ce style, c’est à se demander si je n’ai pas fait un 180 complet! ?

En tout cas, Chris Stapleton, lui, il m’a fait virer.

Imaginez encore le même club que plus tôt, mais plus enfumé, et derrière le chicken wire, c’est maintenant une pièce d’homme, barbe longue plutôt négligée, bottes et chapeau de cowboy, guitare électrique à la main, et une voix. Une voix (!).

Cet artiste je l’adore. Une découverte faite lors d’un CMA alors qu’il était sur scène avec sa femme et offrait une prestation de Fire Away, de son premier album, Traveller.

?

Complètement renversé.

J’ai aussi été touché par l’amour porté par ses pairs lors de cette prestation. Car, il faut savoir que Chris Stapleton est un auteur-compositeur accompli et émérite dont les chansons ont été des succès pour une panoplie d’artistes country, mais qui n’avait jamais lancé d’album à lui. Cette soirée-là, c’était son coming out. Et, qu’elle sortie! C’était émouvant.

Depuis, il a sorti deux autres albums, From A Room, Vol. 1 et 2, et collaboré avec Justin Timberlake sur une chanson de ce dernier, Say Something. Le « plan séquence » de la vidéo de cette pièce est superbe.

De ces albums, tout comme Neko Case, je ne peux vous dire que de les écouter d’un couvert à l’autre. C’est un artiste country-rock et outlaw country. C’est sale, vraiment sale. Un peu méchant, mais aussi de la tendresse, la tendresse d’un homme un peu démuni, mais dont le coeur pleure parfois.

Écoutez Outlaw State of Mind, Tennessee Whiskey, Parachute, Broken Halos, Midnight Train to Memphis, qu’il a joué à Saturday Night Live (Quelle prestation!), et aussi des bijoux comme I Was Wrong, More of You, et Daddy Doesn’t Pray Anymore. Il raconte des histoires. Comme Johnny Cash l’a fait à une autre époque.

À ce titre, je vous invite à redécouvrir cette légende du rockabilly et du country avec des pièces comme Sunday Morning Coming DownOne Piece At A Time et Man In Black. Des histoires? Vous en voulez? Johnny était, selon moi, le maître. Un artiste qui n’a cessé de se renouveler, même à l’aube de sa disparition. La série d’albums American où il a repris des chansons modernes à sa façon jusqu’à sa mort, tel que Rusty Cage de Soundgarden ou Hurt de Nine Inch Nails. Cette dernière est simple, mais vraiment poignante.  Long Live the Man in Black.

Je terminerai avec deux artistes fabuleux qui, bien qu’ils aient des racines country, tendent davantage vers le folk. Mais, encore une fois, tout s’embrouille souvent avec les mélanges de style.

Le premier, c’est Kelly Joe Phelps que j’ai vu deux fois en spectacle, soit au Théâtre Outremont et le Savoy, aujourd’hui le M2. Lui et sa guitare. C’est tout. Découvert aussi via une station d’écoute, celle-ci anciennement au Renaud-Bray sur Du Parc.

Je fais ici une parenthèse hors propos. Pendant plusieurs années ce magasin a été pour moi un lieu de découverte musicale. À cette époque, le gérant du département de musique utilisait les stations pour partager des albums d’artistes moins connus. Il y avait toujours de très belles découvertes. Aussi, les Archambault, où j’y ai trouvé de vrais bijoux, notamment à la succursale de la Place Ste-Foy!

Bon retournons à nos moutons, n’est-ce pas?

Kelly Joe Phelps: un virtuose de la guitare dans le style folk-blues. À l’écoute de ses albums, il est souvent difficile de croire qu’il est seul à cet instrument. Ma découverte fût l’album Slingshot Professionals, mais si vous voulez « brailler votre vie », écoutez attentivement Tommy tirée de Sky Like A Broken Clock. On s’en reparle.

Enfin, un que je verrai prochainement au Théâtre Corona, Iron & Wine. Encore une découverte de « station » avec son extended play Woman King. Iron & Wine, pseudo de Sam Beam, est surtout orienté vers le indie folk et mélange aussi du country à sa sauce. De très belles chansons, mélodieuses, et rythmées. Quelques suggestions: Woman King, Jezebel, Boy With A Coin, et Each Coming Night pour ne nommer que celles-là. Un artiste à découvrir.

Ma playlist Americana est assez garnie car j’omets de vous parler d’autres artistes, tel que Calexico, Great Lake Swimmers et d’autres groupes canadien comme Blue Rodeo et The Blue Seeds, ce dernier de Montréal.

Visiblement, le country m’a pris solidement au lasso, n’est-ce pas? Mes chums du band et moi avons même l’intention de passer un weekend à Nashville! À suivre.

Yee-ha! 

I walk these streets, A loaded six-string on my back – tiré de Wanted Dead Or Alive de Bon Jovi.

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