février 10

Ma vie, c’est comme un cinéma

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Ma vie, c’est comme un cinéma

Bruno Ménard

Ben oui.

Vous savez probablement tous que j’ai oeuvré dans le domaine des médias pendant plusieurs années et que bien que mon désir de produire séries animées n’ait pas porté fruit (je vous en parle dans cette entrée de blogue), j’estime néanmoins avoir eu une belle carrière comme avocat dans le domaine des médias.

Rien ne me prédestinait à oeuvrer dans ce métier. Au secondaire, j’ai choisi l’option « sciences pures », parce que, bien que j’adorais ces disciplines, je ne voyais pas où l’Histoire et la Géographie me mèneraient dans la vie. Au CEGEP, n’ayant pas plus de réponses, j’ai poursuivi ce chemin pour arriver à l’École polytechnique de Montréal dans le but de devenir ingénieur. C’était comme l’option la moins pire…

À ma deuxième année de génie chimique, l’option « environnement » exigeait que je prenne un cours hors du curriculum; le droit de l’environnement. Et là, c’est le coup de foudre. Sais pas trop pourquoi; était-ce la matière, le professeur, la nouveauté? Aucune idée, mais quelques semaines plus tard, j’ai annoncé à mes parents que j’allais changer de branche après avoir terminé mon bac en génie (!).

« Ah bon?! T’es certain mon garçon? » se sont-ils exclamés. Déjà il me restait plus de deux ans avant de terminer mon cours de génie, je leur indiquais que j’allais ensuite faire un autre quatre ans d’université dans un secteur contingenté.

Ben oui.

Pour moi, c’était important d’obtenir un premier diplôme avant de faire le deuxième. Finish what ya started.

J’ai donc terminé mon bac et obtenu mon jonc d’ingénieur – toute le kit – pour ensuite retourner sur les bancs d’école en droit. Les gens me trouvaient bizarre.

« Quoi? Tu vas te taper un autre bac après quatre ans de calvaire en génie? T’es malade!? »

Ben oui, c’est ce que j’ai fait.

Ma stratégie était finalement de combiner les deux disciplines en m’orientant en droit de l’environnement, ce que j’ai rapidement mis de côté en comprenant que c’était assez marginal. Mais, avec un diplôme de génie, je pouvais peut-être espérer avoir une carrière en propriété intellectuelle, notamment dans les brevets. Là, il y avait de belles opportunités.

Ainsi, fort de mes deux bacs, j’ai fait la fameuse course au stages des grands bureaux d’avocats pour aboutir là où je voulais, chez McMaster Gervais. À l’époque c’était une firme d’avocats réputée issue d’une fusion récente entre les cabinets McMaster Meighen et Mackenzie Gervais. Celle-ci est ensuite devenue Borden Ladner Gervais, BLG pour les intimes, une des plus grosses études juridiques au Canada.

Au travers des mandats que l’on donne aux étudiants et stagiaires, je me suis rapproché du département de propriété intellectuelle, tout petit avec seulement deux avocats. Ils ne faisaient que des marques de commerce et des dossiers de technologies de l’information. Et, suite au congé de maternité d’une collègue, d’un départ d’un associé et l’arrivée d’un autre, j’ai été propulsé dans la pratique en droit du divertissement.

Et, tout un début! Dès mes premiers pas dans ce domaine, je suis tombé dans d’énormes dossiers, soit les financements des films Nouvelle-France et Head in the Clouds. Le premier était une super production québécoise de type « d’époque » avec un budget jamais vu au cinéma d’ici: 30 millions de dollars! Le deuxième, une coproduction Canada-Angleterre, filmée en partie au Québec mettant en vedette Charlize Theron, Penelope Cruz et Stuart Townsend.

Énorme défi pour un jeune avocat. Des heures, j’en ai passées au bureau avec des appels conférence Europe-côte ouest américaine, des financiers débiles, des producteurs peu présents (évidemment). Pas facile, surtout que j’apprenais encore le métier d’avocat en plus de découvrir une industrie complète.

Mais, cela a été la meilleure école pour la suite de ma carrière, laquelle s’est poursuivie en industrie. En plus de ces longs métrages, je garde un souvenir précieux de quelques faits d’armes, comme la série animée Toupie et Binou et ses multiples déploiements à l’international, les deux Bye Bye de Rock et Belles Oreilles, et l’arrivée de HBO au Canada.

À un certain moment, j’ai voulu produire des oeuvres audiovisuelles, notamment des dessins animés. Mais, mon aventure dans ce domaine ne fut pas très fructueuse. Malgré cela, j’ai développé des aptitudes d’entrepreneur, compris mes limites et bâti des liens avec des gens extraordinaires, dont Rock Demers, le producteur de La Guerre des tuques, entre autres. Cela m’a finalement permis de produire ma seule oeuvre audiovisuelle, GSP: l’ADN d’un champion.

Quelle aventure!

Mais ce n’est pas tout! Comme dans tout bon scénario, le film de ma vie s’est poursuivi avec une autre twist: le retour dans l’entreprise familiale. En alimentation!

Aujourd’hui, les gens à qui je raconte mon parcours sont toujours un peu ébahis. Avec raison! D’ingénieur à avocat dans le domaine des médias qui vend maintenant des petits pois.

?

If life were predictable, it would cease to be life – Eleanor Roosevelt.

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