octobre 8

La Quête!

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La Quête!

Bruno Ménard

Il y a eu une époque de ma vie où je trainais souvent dans différents music shops à la recherche d’albums rares, introuvables chez les grands disquaires. Ces endroits étaient aussi souvent des commerces où les vinyles étaient encore vendus.

Je vous ai déjà parlé de ma passion pour la musique – je me répète pour plusieurs – mais cela m’a amené à tenter de dénicher des bijoux musicaux et d’agrandir ma collection musicale et ce, de plusieurs façons.

D’abord, cela s’est manifesté par une tournée fréquente des disquaires, surtout ceux plus fringe. Je vous ai déjà parlé de Dutchy’s, boulevard Saint-Laurent coin Maisonneuve, mais mon endroit favori était Rock en stock sur Crescent près de Sainte-Catherine. Aujourd’hui, ces deux magasins n’existent plus. Je vous invite d’ailleurs à lire cet article de Vice sur les disquaires indépendants, où justement on mentionne cette époque révolue (?) des disquaires alternatifs.

Sinon, j’ai aussi souvent erré aux commerces d’échange, comme l’Échange et quelques autres endroits sur l’avenue Mont-Royal, ainsi que chez CD Exchange au coin de De Lorimier et Bélanger. On y trouvait pas mal de choses, mais fallait repasser souvent par contre.

Au travers de mes recherches est arrivé Internet. Qui ne se souvient pas de Napster ou LimeWire? Le nombre d’heures passées sur ces engins à trouver toutes sortes de chansons, je n’ose pas les calculer. Le jour où j’ai réalisé qu’en tant qu’avocat dans les médias, cela n’était probablement pas très éthique, j’ai mis fin à cette pratique avec, je vous avouerai, un certain malaise. Chuuuut! Faut pas le dire! ?

Avec tout cela, j’ai ainsi accumulé des milliers de chansons diverses ainsi qu’une collection de vinyles relativement rares et des albums discontinués. Je suis particulièrement fier d’avoir pu retracer certains d’entre eux.

Par exemple, Heavy Cream du supergroupe Cream, dont faisait partie Eric Clapton, contient les chansons du groupe de 1966 à 1968, avant qu’ils se séparent. Paru en 1972, ce double album n’est pas facilement disponible. Par curiosité, sur Amazon, j’ai trouvé quelques versions usagées à 4,99$ mais aussi une version japonaise avec une couverture différente à 118$, et des versions neuves (?) à 148$. Je vais vous dire que je l’ai cherché longtemps ce disque-là. Quand j’en ai fait la découverte, j’étais en extase!

Un autre, à mon souvenir, trouvé par hasard chez Rock en stock: The Yardbirds – Shape of things (encore Clapton mais aussi Jimmy Page et Jeff Beck, dont je vous reparle plus bas). Une version canadienne d’un album double. La particularité de celui-ci est que les vinyles sont transparents. Assez rare. Pas vu cela souvent.

Octobre? Ça vous dit quelque chose? Un des rares groupes progressifs québécois à l’époque où ce style était en émergence, i.e. fins des années 60, début 70.  J’ai déniché un de leurs albums live intitulé « Chants dans la nuit ». Très méconnu comme groupe, à mon avis. Celui-ci comptait parmi ses membres plusieurs musiciens qui ont ensuite connu des carrières intéressantes, notamment Pierre Flynn. La pièce maîtresse de leur répertoire, La Maudite Machine, est un bijou en soi. Petit aparté, pour les amateurs de rock progressif, surtout québécois, je vous recommande aussi le Ville Émard Blues Band. Très populaire à cette époque.

Ensuite, The Cult. ?

Je vous en ai parlé de ma passion pour ce groupe, n’est-ce pas? Si vous vous souvenez bien, sa discographie est, entre autres, caractérisée par de multiples Extended Plays. Ceux-ci mettent en vedette des versions alternatives de chansons contenues sur les albums principaux ainsi que des pièces jamais parues officiellement. C’était une véritable quête que de les retrouver, et l’est encore aujourd’hui car, j’ai réalisé récemment, qu’il m’en manque encore quelques uns!

Pendant plusieurs mois, voir années, mes recherches portaient à dénicher ceux-ci. Quand je ne pouvais les trouver en cassette, je me tournais vers le vinyle. Cela a pris beaucoup de patience à accumuler les différents EPs. Ceux dont je suis le plus « fier » est certainement la collection provenant de l’époque Electric, dont Wild Flower avec une orchidée jaune sur la couverture, ainsi qu’une édition picture disc de l’univers Sonic Temple où les deux côtés du vinyle arborent une photo.

J’ai aussi cherché ces fameux Manor Sessions, une collection de disques contenant toutes les pièces enregistrées pour l’album Electric mais dans le son de Love, son prédécesseur. Insatisfaits de la session d’enregistrement, le groupe a tout mis de côté et a ré-enregistré toutes les pièces. Cela a donné Electric comme on le connaît. Ça aussi, ça a pris beaucoup de patience.

Enfin, avec Internet et ses sites d’échanges, j’ai pu me procurer deux CDs qui n’étaient pas disponibles chez les disquaires, commerciaux ou alternatifs. Mes recherches m’ont amené à transiger avec des particuliers, surtout des américains, qui étaient disposés à se départir de leur disque. Deux raretés.

La première, une compilation de 1989 intitulée Stairway to Heaven / Highway to Hell. Celle-ci met en vedette des groupes Hair Metal qui, au Moscow Music Peace Festival, ont joué des reprises de groupes dont un membre est décédé d’abus de drogue ou d’alcool. Les profits étaient destinés à la fondation Make a Difference. On y retrouve des performances inusités, dont Purple Haze (de Jimi Hendrix) interprétée par Ozzy Osbourne, Holiday in the Sun (des Sex Pistols) interprétée par Skid Row et The Boys are Back in Town (de Thin Lizzy) interprétée par Bon Jovi.

L’autre, c’est Lord Sutch and Heavy Friends, un album de 1968 du chanteur (assez spécial!), Screaming Lord Sutch. Celui-ci regroupe différents musiciens, dont certains qui allaient devenir de véritables rock stars, soit Jimmy Page et John Bonham (Led Zeppelin), Jeff Beck (Rod Stewart, Faces) et Noel Redding (Jimi Hendrix Experience). Très bon. Mais, fait intéressant, suite à un sondage lancé par la BBC en 1998, celui-ci a été voté « le pire album de tous les temps »! Ah bon!? Pour ma part, je suis totalement en désaccord. Anyway.

Pendant plusieurs années, ces recherches ont meublé pas mal de journées, de weekend et de soirées de ma vie. Aujourd’hui, tout est numérisé. La recherche de raretés devient un peu désuète. Triste.

Faut que je me trouve autre chose à faire.

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  1. Je dois t’avouer que les « extended play cassette » de The Cult étaient une excellent idée promotionnelle. Je capotais sur la version live de « Bone Bag », vieille chanson issue leur répertoire avec Southern Death Cult, si je ne m’abuse. Je dois t’avouer que si je n’avais pas autant de « projets de mélomane » ancrés dans la modernité, moi aussi, je prendrais mon pied à ratisser les raretés. Bref, je te comprends et je ne te dirai surtout pas « get a life ».

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