décembre 28

Je suis un Plogger

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Je suis un Plogger

Bruno Ménard

Le saviez-vous?

Ben, oui. Je fais ça moi. Je plogge.

(effet sonore: On entend les crickets au loin)

Alors, selon ce qu’Internet nous dit, ce mot, ou en fait cette activité, serait apparu en Suède en 2016 et aurait été adopté ailleurs en 2018.

Pour les ignorants, plogger c’est faire du jogging et ramasser des ordures au passage. Il vient d’une combinaison d’un mot suédois plocka upp (ramasser) et de jogging.

Toujours selon Internet – Wikipedia pour être plus précis -, le principe du Plogging c’est « qu’il s’agit pour le joggeur de se doter d’un sac poubelle et de ramasser les ordures et autres déchets trouvés le long de son parcours de course. En tant qu’entraînement, il permet de varier les mouvements du corps en ajoutant des flexions, des accroupissements et des étirements à l’action principale de la course. » (!!)

Ah bon.

En fait, je ne suis pas vraiment un plogger. Plus comme un plaker.

?

Oui! Moi, je ne fais pas de jogging mais de la marche (i.e. du walking). Alors, je suis plutôt un adepte du Plaking si je me fie à l’étymologie des mots.

Anyway, moi je ramasse quand je me promène en quelque part.

Pour être bien honnête, je suis un peu éberlué que le plogging soit devenu une « mode » aussi récemment. Si c’est le cas, je suis un vétéran du sport et mon père, l’archétype du mouvement! D’ailleurs, faudrait que j’aille voir en Suède s’ils ont une effigie de mon papa sur un grand mur ou une statue en quelque part, parce que nous, ça fait longtemps que nous faisons cette pratique.

(soupir)

Non, mais, sérieux, c’est que depuis que je suis tout jeune que je ramasse des déchets sur mes promenades. Mon père m’a initié à cela! La maison familiale est située à une vingtaine de minutes à pieds d’une station de Métro. Donc, lorsque mon père prenait le transport en commun pour aller travailler, il marchait de cette station pour revenir à la maison. Ma mère et moi l’accueillions parfois afin de voir ce qu’il avait ramassé en chemin. Juste sur deux kilomètres de marche, il revenait les mains pleines, une fois même avec une énorme branche laissée sur la route!

Pour je ne sais quelle raison, j’ai commencé aussi à faire cela lorsque je revenais du secondaire. Je ramassais toutes sortes de choses: des bouteilles, des sacs, etc.

Et, aujourd’hui, je le fais encore. Lorsque je marche dans le quartier, je ramasse différents items. Parfois, je reviens à la maison les mains pleines de détritus. Même en vacances au soleil, nos marches deviennent souvent du plaking! Des pailles, des bouteilles d’eau, etc.

Les gens s’étonnent de me voir arriver avec tout cela à jeter! De mon point de vue, c’est moi qui s’étonne de les voir s’étonner à mon égard. As-tu vraiment besoin d’une paille avec ton drink? Penses-y trente secondes. Et quand tu quittes ton spot sur la plage, est-ce que tu te ramasses?

Puis, lorsque je suis en magasin, j’en ramasse des choses, même des Kleenex usés. Ben oui! Ce qui ne vous tue pas, vous rend plus fort. On a juste à se laver les mains ou mettre du désinfectant par la suite. Bon yenne!

Les grandes chaînes alimentaires de ce monde viennent tout juste de se mettre à la paille compostable! Et que dire de certaines compagnies de bière qui emballent maintenant leurs six packs de cannettes avec des matériaux biodégradables? Wow, bravo.

Vous aurez compris mon cynisme. Bien que ces initiatives soient superbes, il en faut plus.

À Montréal et sa rive-sud, les sacs de plastique ont été « bannis ». ? Et, le gouvernement veut étendre la consigne aux bouteilles d’eau en plastique. Plutôt que d’imposer de telles mesures qui ne règlent pas vraiment le problème, pourquoi ne pas plutôt investir dans des technologies « vertes » et maximiser le output (par ex.) des matières problématiques? Par exemple, en Inde et en Indonésie, ils font des routes avec du plastique. En Australie, une compagnie de bière a mis en marché une machine qui concasse la vitre et en fait du sable.

En bout de ligne, bien que le plogging, plaking, whatever, est maintenant à la mode – et tant mieux-, c’est triste. Triste que, comme société, nous ne soyons qu’à ce point maintenant alors que la Environmental Doomsday Clock (une horloge symbolique qui représentante un compte à rebours vers la destruction environnementale de la planète) soit, le 28 janvier 2018, à 9:19! Cela veut dire que nous sommes en DANGER.

Malgré cela, on continue à prendre notre drink avec des pailles en plastique et à ne pas se ramasser.

Isn’t it ironic, don’t you think? – Ironic de Alanis Morrissette

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