Adjectif. (Latin unicus, de unus, un seul): Qui se distingue des autres par son originalité, ses qualités. Familier: Qui étonne par son caractère bizarre, singulier, exceptionnel. Ex. C’est un type unique.
?
Qu’en pensez-vous?
En tout cas, moi je peux vous assurer que je suis unique. Oui. Car, d’abord, je suis enfant unique. Pas de frère, ni de soeur. Ensuite, je suis unique, parce que nous le sommes tous! Et, enfin, je suis unique, because I am!
Être enfant unique a son lot de bénéfices et de désavantages. Loin de moi de me plaindre, mais être seul de sa famille, c’est parfois difficile.
Lorsque mon père est décédé, notre famille a vécu une peine énorme et des deuils qui se sont prolongés dans le temps. N’étant que deux, ma mère et moi, il a été plus difficile de partager la douleur en famille, de la répartir et de s’entraider. Comprenez-bien que le deuil aurait été pareil mais, en groupe, le poids de la peine aurait été partagé sur un plus grand nombre et l’entraide probablement plus facile.
Ma mère, issue d’une grande famille, désirait avoir plusieurs enfants et elle en a eu. Cependant, avec plusieurs fausses couches et une santé fragile, la famille s’est arrêtée avec moi. Personne n’est à blâmer. La vie est ainsi faite.
Vous comprendrez alors que, aux yeux de ma mère, je suis l’enfant chéri; le plus beau, le plus fin, le plus intelligent! Ben oui, c’est vrai. ? Et pourquoi pas? Elle n’a juste pas de comparatifs!
Et cela fait en sorte que j’ai été, et je le suis toujours, un enfant gâté (!), aimé, voire adoré. J’en suis excessivement reconnaissant car c’est un énorme privilège pour un enfant d’avoir cette sécurité. Au fil des ans, j’ai constaté que ce n’est malheureusement pas à tous à qui ce privilège revient. Combien d’enfants ne sont pas voulus ou aimés, qui sont maltraités, abandonnés, méprisés, soit par leurs parents, ou même leurs frères et soeurs.
Je remercie l’Univers à chaque soir d’être aussi privilégié. ?
En effet, en plus d’être gâté, cela m’a, entre autres, permis d’étudier et même de poursuivre mes études après un premier baccalauréat, d’avoir plus facilement accès à des objets matériels, et ne pas avoir à compétitionner avec un(e) autre. Fiou!
Évidemment, il y un envers à la médaille aussi. Être enfant unique, c’est être un enfant plutôt seul. Seul à s’amuser, seul à célébrer, seul à pleurer. À moins d’avoir toujours des ami(e)s autour de soi, on se retrouve à vivre bien des choses par soi-même. Quoique ce ne soit pas si négatif, il y a des moments où un frère ou une soeur aurait été (serait) bienvenu; en fait quelqu’un qui partage ce que l’on vit profondément.
Évidemment, il peut y avoir un ami ou un conjoint mais, pour moi, c’est le feeling de pouvoir partager quelque chose d’unique avec quelqu’un d’autre: le lien unique du sang et de l’âme. Car, à mon avis, avoir un frère ou une soeur, c’est avoir quelqu’un qui vient de la même « place », qui a un peu vécu les mêmes « choses » et que tu connais depuis son ou ton existence. N’y a-t-il pas là quelque chose d’unique, de spécial?
Et parfois, on se rend compte que finalement on est peut-être aussi bien seul. Je me souviens, lorsque j’étais au secondaire, être allé chez un ami qui avait une soeur et un frère. Je suis ressorti de cette maison trau-ma-ti-sé: Ils se détestaient au point de barrer la porte de leur chambre avec un cadenas! ? Je ne sais pas comment est leur relation aujourd’hui 30 ans plus tard, mais j’espère sincèrement qu’ils ont réalisé le privilège de leur situation.
Mais, être seul, ce n’est pas si pire que cela. Ça m’a appris à pouvoir faire des choses en solo, comme aller au cinéma ou partir en voyage; d’être plus indépendant. C’est certain qu’être accompagné ou en groupe est toujours plaisant, mais mes moments seuls, je les chéris: Je suis bien.
Cela fait peut-être de moi un être un peu « sauvage » socialement mais, au fil des ans, j’ai aussi compris l’importance d’avoir un entourage. La mort de mon père nous a isolé: nous étions trois et, d’un coup, nous sommes tombés deux; deux tiers du noyau familial. Boum. Et, un jour, ce sera un seul qui restera.
Et puisque la grande famille n’est pas aussi serrée qu’elle aurait pu être, les perspectives d’accompagnement sont plutôt minces. C’est là où on se tourne vers les amis. Bien qu’ils ne soient pas liés à nous par le sang, ils le sont souvent par « l’âme ». Et, j’ai compris que je devais aussi entretenir ces amitiés, quitte à n’en avoir que quelques uns, mais de les fortifier.
Avec les enjeux de santé que j’ai eus, il est devenu important de m’attarder à ces relations et de les solidifier.
Évidemment, notre conjoint(e), lorsque nous avons le privilège d’en avoir, prend une place essentielle dans notre vie. Il/elle devient un peu ce frère ou cette soeur que nous n’avons pas eu; celui ou celle avec qui nous pouvons partager notre essence. Et cela, c’est vital. Il faut s’assurer que cette relation soit basée sur des assises solides, il faut l’entretenir et s’assurer de ne jamais prendre celle-ci pour acquis afin qu’elle puisse être ce que nous avons besoin, maintenant et plus tard.
Enfin, être seul, ou plutôt unique, m’a permis d’accomplir différentes choses, soit professionnelles ou personnelles. Cela m’a donné le courage et la motivation de prendre certaines décisions ou non. Et bien que cela ait été difficile par moment, je suis unique et j’en suis fier.
What sets you apart can sometimes feel like a burden and it’s not. And a lot of the time, it’s what makes you great —Emma Stone
