Récemment, j’étais allongé dans une salle de soins (don’t ask) et une musique familière s’est mise à jouer au travers des hauts parleurs. C’était la pièce Comptine d’un autre été: L’après-midi de Yann Tiersen tirée de la bande sonore du film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.
Puisque j’étais étendu dans cette salle (vous vous souvenez?), mon esprit s’est mis à se promener parmi mes souvenirs de ce « fabuleux » film. Si vous ne l’avez pas vu, il manque quelque chose non seulement à votre connaissance, cinématographique et musicale, mais à votre âme.
En effet, c’est un excellent film qui mêle extrêmement bien l’absurde et la réalité, la comédie et la sensibilité, avec un jeu parfait de comédiens et d’ambiance, où la musique occupe une place importante, sans jamais tomber dans l’excès de quoi que ce soit.
C’est un film extrêmement touchant. Les pièces de Yann Tiersen sont tellement « imagées », qu’il est difficile de les écouter et de ne pas devenir sentimental ou nostalgique.
Et cela m’a amené également à revisiter d’autres films aussi émouvants.
Le premier qui me revient en tête, c’est Intouchables avec François Cluzet et Omar Sy. Encore une fois, c’est une oeuvre qui mêle très bien la comédie et la sensibilité, et le jeu d’acteurs y est parfait.
La scène d’ouverture est d’une ingéniosité particulière. Les réalisateurs nous mènent dès le départ sur une fausse piste, celle où on croit que Driss, le personnage qu’interprète Omar Sy, est en train de commettre une action malveillante, alors que c’est tout à fait le contraire.
Si vous ne l’avez pas vu, à nouveau, cela ne manque pas juste à votre culture mais à votre âme. Pour ces dames, juste voir Omar Sy danser sur Boogie Wonderland de Earth, Wind & Fire, ça vaut la peine. ?
Mais cette histoire « vraie », extrêmement touchante, nous confronte à plusieurs situations délicates, notamment les paliers sociaux (i.e. le 1% vs le reste), le racisme et le profilage, les handicaps, et j’en passe. Quelqu’un qui reste de glace face à ce film, n’est pas humain. Voilà. C’est dit.
En parlant d’humanité, c’est peut être un peu cliché, mais les drames vécus durant les dernières grandes guerres, surtout la deuxième, sont évidemment, et doivent être, poignants. Nous devons nous en souvenir pour que cela ne se reproduise jamais.
Des films de « guerre », il y en a eu, et il continuera d’en avoir. Mais, là où certains se différencient, c’est sur l’angle qu’ils adoptent, comme par exemple, l’histoire « humaine », celle où le comportement d’un ou l’autre nous réconcilie avec notre être profond.
À ce titre, je suis transporté par deux titres: le premier, c’est Schindler’s List, une histoire vraie d’un industriel allemand, associé au parti Nazi, qui risque sa vie et se ruine financièrement pour sauver 1200 juifs des atrocités des troupes de Hitler.
Je ne vous raconterai pas celles-ci, car je crois que nous connaissons tous très bien ce que ce monstre et ses sous-fifres ont accompli. C’est plutôt les gestes d’un homme qui, à première vue « inhumain », sont mis de l’avant.
Portés par la cinématographie de Steven Spielberg, nous vivons l’atrocité de la guerre mais surtout les drames vécus par différents personnages . Comment ne pas espérer ne plus « revoir » la jeune fille au manteau rouge, comment être neutre face aux atrocités commises par le Boucher de Plaszow, Amon Göth, comment ne pas verser une larme lorsque les vrais survivants déposent chacun un galet sur la tombe de Monsieur Schindler? Comment?
Enfin, comment ne pas être emporté par l’ivresse et l’empressement d’un père juif à protéger son fils durant leur internement dans un camp nazi, tout comme le personnifie magistralement l’acteur italien Roberto Benigni dans La Vita E Bella. Je vous mets au défi de ne pas verser de larmes.
Malgré les horreurs et les tortures, et bien que le désarroi ait été une émotion présente à tous les moments, l’espoir ainsi que son amour pour sa femme, son fils et la vie, l’ont poussé à surpasser ses peurs et craintes.
Et, quand on parle d’amour, il n’y a rien de plus émouvant que la scène finale de Bridges of Madison County, n’est-ce pas? Vous savez? Celle où Meryl Streep nous transmet l’angoisse d’une décision difficile (!) par sa seule main sur la poignée de la camionnette de la famille.
The best and most beautiful things in the world cannot be seen or even touched – they must be felt with the heart – Hellen Keller
