… est disparu.
Comme ça, tout d’un coup.
?
Depuis quelques temps, les rues étaient calmes malgré les trottoirs bondés de marcheurs.
Pendant des semaines, le silence, ah ce silence, était à un niveau seulement « entendu » en campagne ou au coeur de la forêt profonde.
Aujourd’hui, il nous a quitté.
Le vrombissement des moteurs est revenu. La vibration des chaussées aussi.
Après un répit bien mérité, je me demande comment la Terre se sent avec ce retour.
Il faut croire que malgré les complaintes constantes de vouloir arrêter, moins travailler, et profiter davantage de la vie, le retour à l’action semble être plutôt l’urgence.
Je comprends celle de retourner les enfants à l’école, de voir du monde, de continuer à payer les factures et d’assurer la pérennité d’une entreprise.
Là où je suis déçu, c’est de constater l’empressent de retourner à la « normale ». Alors que le confinement nous permettait de nous retrouver en famille, de ralentir notre rythme, de s’adonner à des passions auxquelles nous n’avons habituellement pas de temps à donner, d’innover sur notre vie sociale, de faire les aménagements à notre résidence qui étaient toujours remis aux calandres grecques, il semble y avoir eu un malaise sous-jacent. Le malaise du changement subit, d’être démuni face à la situation, l’incertitude de l’avenir. Peut-être aussi le malaise de prendre conscience de certaines choses relatives à nous, à notre relation de couple, à notre travail, à notre avenir.
Je me trompe peut-être, mais il semble que ce malaise ait prit le dessus et nous amène à vouloir le retour de la « normalité ».
J’avais espoir qu’une telle situation nous emmènerait vers une réflexion plus profonde et des changements concrets.
Malgré cette perception, je continue à avoir espoir.
Hello darkness, my old friend
I’ve come to talk with you again
Because a vision softly creeping
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sound of silence
The Sound of Silence – Simon and Garfunkel
