février 6

Je suis coréen…

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Je suis coréen…

Bruno Ménard

… et africain ainsi qu’italien avec un soupçon de britannique.

Vous le saviez pas?

?

Vous devriez, puisque j’apprécie la nourriture coréenne et je bois presque uniquement du vin italien.

C’est évident que je m’approprie toutes ces cultures!

Je fais comme Antoine Mousseau-Rivard, le propriétaire du Mousso, qui a intégré des éléments de la cuisine coréenne à son menu. Comme lui, j’usurpe, je conquis, je possède même la culture pour m’en approprier.

Je suis donc italo-coréen.

De fait, je suis aussi africain, Touareg en plus, puisque j’écoute de la musique africaine venant des contrées désertiques du Sahara. Mais, le Union Jack, il est tapissé partout chez moi, même sur mon passeport canadien, parce que personne ne doit oublier que je suis un « Grand-Britanniquien ». Pourquoi? Parce que Led Zeppelin, c’est un de mes groupes favoris.

Je me les approprie, je les détiens.

Pis je me suis pas arrêté là. Non non non! J’ai fiancé une pseudo-amérindienne!

Ben oui. Voyons! Tout le monde sait que ma conjointe s’approprie les cultures ancestrales des Premières Nations parce qu’elle est praticienne du chamanisme.

?

Vous trouvez mon texte ridicule? Vous avez raison. Il l’est. Tout autant que les gens qui crient aux « appropriations » du fait que nous mettions en valeur ou adoptions des cultures étrangères.

Si Monsieur Mousseau-Rivard avait indiqué que son restaurant était coréen du fait qu’il y ait intégré ce style culinaire, là ce serait de l’appropriation, un mensonge. De la même façon, si ma conjointe, à cause de sa pratique, s’était proclamée amérindienne, ce serait aussi un mensonge.

Le fait d’aimer, valoriser, respecter et reconnaître une culture, un style, des valeurs, n’est pas une appropriation mais plutôt un signe de respect, de reconnaissance envers l’autre.

On l’oublie.

Et, malheureusement, c’est cela qui manque dans notre monde: Le respect de l’autre et la reconnaissance que l’autre nous respecte.

?

 

Le fait de prendre un symbole considéré comme sacré dans une culture et l’utiliser dans un autre contexte peut avoir des significations très différentes. Ça peut avoir une connotation négative comme se moquer de la culture, mais ça peut aussi être utilisé dans un contexte d’appréciation. Il faudrait avant tout voir l’attitude et l’intention de la personne qui utilise le symbole.

– Helga Elisabeth Bories-Sawala

Historienne et coauteure

La place des Autochtones dans l’enseignement de l’histoire nationale du Québec.

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