Oh James! Même les vilains ont un certain respect pour lui! Quand même, non?
En tout cas, moi, je l’aime bien, 007.
C’est une affection que j’entretien à son égard depuis très longtemps. L’univers « bondien » a, étrangement, un effet d’apaisement sur moi; comme si je retrouvais un ami. Bien que j’aie toute la collection des films chez moi, lorsqu’il y a un « marathon-cinéma » à la télé, je m’y consacre pleinement. Un peu comme Ciné-cadeau. C’est emmitouflant. ?
Je conviens qu’à première vue, un assassin et espion, ce n’est pas ce qu’on qualifierait de « sécuritaire », mais pour moi, ce l’est. J’ai vu tous les films plusieurs fois, je connais de nombreuses répliques et scènes. Et, même si parfois les films sont un peu goofy, c’est relaxant. Je mets mon cerveau à « off » et je me laisse porter.
Mais, il y a plus.
Il y a les lieux qui font rêver et qui nous ouvrent sur le Monde. À l’époque de Sean Connery, alors que nous débutions notre relation avec James Bond, nous découvrions des endroits qui, à cette époque, n’étaient pas aussi facilement accessibles qu’aujourd’hui. La Turquie en 1963 (From Russia With Love) et le Japon en 1967 (You Only Live Twice), sans compter tous les autres endroits que James a visité durant les 56 dernières années! Un tour du monde, assis confortablement dans notre salon. Quoi de mieux?!
Bond, c’est aussi le chicness, l’élégance à tous les niveaux. Au travers des différentes époques, et malgré les adaptations aux différents styles, il est demeuré un homme (bientôt une femme?) chic et stylé. Certains diraient qu’il est démodé, mais j’aurais plutôt tendance à dire qu’il est inspirant. Combien de jeunes hommes d’aujourd’hui portent le veston et le gilet? Bien que je sois conscient que cet intérêt vestimentaire ne provient fort probablement pas de l’agent 007, n’y a-t-il pas là un rapprochement intéressant? En tout cas, certains le croient. Allez voir le site « Bond Lifestyle » et vous y retrouverez à peu près tous les vêtements portés par James. Même moi, je me suis fait prendre au jeu: j’ai au poignet une montre « portée » par lui.
J’ai aussi plusieurs artefacts de cet univers, comme le bulldog de M qui survit à l’explosion de l’immeuble du MI6 et qu’elle lègue à Bond suite à son décès dans Skyfall. Pendant un certain temps, mon porte-clef a eu la « roulette » de plaques d’immatriculation, celle de la fameuse Aston Martin DB5 dans Goldfinger et Thunderball. Et, saviez qu’en 2020, vous pourrez même acheter une version de cette voiture (voir l’article de CNN Business)!? Et, enfin, j’ai dans mon bureau, un encadrement de citations et personnages tirés des film.
Mais la musique dans tout cela? ?
Par où je commence? Quelle richesse musicale que nous a laissé cette vingtaine de films! Deux Grammys (Adele pour Skyfall et Sam Smith pour Spectre) et une panoplie de chansons interprétées par de grands artistes, notamment Tom Jones, Shirley Bassey, Paul McCartney, Tina Turner, ainsi que des artistes plus alternatifs, tels Garbage, Jack White/Alicia Keys, et feu Chris Cornell de Soundgarden.
Quand même!
Mes favorites: Thunderball de Tom Jones (Thunderball), Goldfinger par Shirley Bassey, la seule artiste a interpréter le thème de plus d’un film avec Goldfinger, Moonraker et Diamonds are Forever, et A View To A Kill de Duran Duran. À ce titre, je vous invite à vous procurer le Best Of des chansons thèmes des films de James Bond. Un vrai plaisir.
Au-delà des films, il y a à la base, l’auteur, Ian Flemming, et ses romans (une vingtaine). Un agent secret lui-même devenu auteur à succès, son oeuvre continue à intéresser et à fasciner une grande partie du public, même près de 70 ans suite à la publication de son premier livre, Casino Royale. En effet, cet univers fictif créé à la fin de la deuxième guerre mondiale est la toile de fonds d’un débat de société: qui sera le prochain « Bond »? Sera-t-il un homme de couleur, ou peut-être une femme? Pourquoi pas les deux!? Fascinant.
Mais, mis à part ce débat, les lieux, les scènes d’action, la musique et les gadgets, je trouve que James Bond est un personnage complexe. Déjà, avec le seul long métrage de George Lazenby, On Her Majesty’s Secret Service, on a constaté que sa vie serait difficile. Les références au décès de sa femme se retrouvent dans plusieurs films, soit de l’époque de Roger Moore à celui de Pierce Brosnan en passant par Timothy Dalton. Dans les films de ce dernier, juste avant la fameuse grève des scénaristes d’Hollywood, on voyait poindre le côté plus sombre de James. Et c’est avec l’arrivée de Daniel Craig qu’on comprend l’étendue d’une vie tragique: fils devenu orphelin par le meurtre de ses parents, recruté jeune pour devenir assassin-espion du MI6, alcoolique, dépressif, etc.
C’est à ce moment où, à mon avis, le personnage créé par Ian Flemming prend tout son sens. Il n’est pas juste un assassin, mais un individu imparfait qui, à force d’avoir vécu toutes sortes de tragédies, s’est endurci et s’est aigri. Et, malgré tout, au travers de cette agressivité, on ressent un individu dont l’intégrité et « l’honnêteté » ont et sont toujours au centre de son être. Peut-être que je fais de la psychopop, mais, pour moi, c’est ce que ce personnage dégage. C’est avec cette « faiblesse » et cette droiture qui, à mon sens, il rejoint autant de gens au travers des décennies et qui lui a permis de survivre malgré tous les vilains, les coups de feu et de poings, les accidents de voiture, et les aventures.
Bref, je l’aime bien, James.
En terminant, je m’en voudrais de ne pas vous mentionner un fait intéressant sur l’oeuvre de Bond: ce conflit important concernant les droits sur le personnage. Un vrai micmac qui a eu pour effet de voir des films de 007 se concurrencer au début des années 80. Alors que Octopussy avec Roger Moore prenait l’affiche, un Sean Connery vieillissant personnifiait à nouveau James Bond dans le film Never Say Never Again. Ce n’est que plus tard dans les années 90 que toute l’oeuvre de l’assassin-espion se retrouvera à un seul endroit, sous l’égide de MGM.
Vous voulez en savoir plus sur cet épisode intéressant et l’univers de Bond? Je vous suggère fortement de visionner le documentaire Everything or Nothing: The Untold Story of 007. C’est vraiment intéressant.
Bonne écoute!
No Mr. Bond, I Expect You to Die! – Goldfinger
