octobre 8

Du drum pis de la basse? Planant!

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Du drum pis de la basse? Planant!

Bruno Ménard

Dans la vie, il faut être attentif aux « signes ».

Un matin, en travaillant sur un autre texte, je me suis mis à écouter ma playlist Lounge, une que j’utilise pour le dimanche matin (c’est justement cette journée que nous étions au moment d’écrire ces lignes) ou des soupers tranquilles avec des amis. Elle m’a instantanément inspirée. J’ai donc mis de côté le premier texte et me suis lancé dans celui-ci avec plus d’enthousiasme.

J’ai aussi été allumé par une récente discussion avec une collaboratrice lors de la pause du dîner alors que sur les ondes d’ICI Musique s’est mise à jouer la pièce Sexy Boy du groupe français Air. Ma réaction fut: Wow, ça fait longtemps que j’ai entendu cette chanson! Et, elle, de me demander, « c’est quoi? »

Flashback!

À la fin des années 90, j’ai découvert le style de musique électronique qu’on désigne principalement par lounge mais qui regroupe une multiplicité de sous-styles, comme le trip hop, drum & basshouse, acid jazzdowntempo, et j’en passe. Je mélange tout dans le panier « lounge« , mais à vrai dire, je m’y perds, tellement il y a de variantes.

Certains diront que c’est de la musique d’ascenseur. Ma réponse: Blah blah.

C’est un style assurément bien ancré en Europe, où, à cette époque, la musique électronique et le DJing étaient (sont toujours) beaucoup plus importants qu’en Amérique du nord. Deux pôles se démarquent clairement à cet égard: Bristol en Angleterre, et Paris.

Je vous avouerai ne plus trop me souvenir de l’étincelle qui m’a amené à cette découverte, mais celle qui me vient en tête en premier, c’est le groupe anglais (de Bristol justement) Portishead et son album éponyme. Automatiquement envouté; une impression d’écouter un vieux vinyle qui « griche », des sonorités et mélodies innovantes, planantes. Ce fut assez pour me convaincre de poursuivre l’aventure.

Ce qui m’a aidé à naviguer dans cet univers, ce sont les nombreuses compilations lounge, ou samplers devrais-je dire, comme celles des labels Hed Kandi, aux pochettes soigneusement illustrées, ou Café del Mar, qui privilégie une vibe nettement « Ibiza ». Dans le premier cas, ce n’est pas le choix qui manque: au-delà de 100 (!) compilations de toutes sortes. Ma série préférée, à date, est celle nommée Winter Chill. Pour le second, c’est une vingtaine de compilations de différents atmosphères. Information apprise récemment: le Café del Mar est vraiment un bar/café à Ibiza bien connu « pour son ambiance musicale et son coucher de soleil légendaire ». Ah ben.

Je vous suggère aussi la compilation Le Carburant du cerveau. Très variée en styles musicaux. C’est intéressant pour déterminer ce que l’on aime ou non.

Une autre bonne source: la trame sonore de la série télévisée La Femme Nikita. Vous connaissez? Celle qui mettait en vedette Roy Dupuis. Le soundtrack de cette série est presqu’entièrement constituée de pièces du style. Le groupe rock alternatif, Garbage, s’y est même trempé les orteils avec #1 Crush, pièce seulement parue dans cette série et le film Romeo & Juliet.

Toujours de l’Angleterre, un artiste que j’affectionne, c’est LTJ Bukem. Son album double, Journey Inwards, est reconnu comme un disque exceptionnel du style.

Enfin, les français. Comme j’indiquais plus haut, l’autre pôle de la musique Lounge, c’est Paris, dont le style musical est baptisé French Touch. Plusieurs groupes se sont démarqués sur la scène internationale et, certains, ont même goûté au succès. Qui ne connait pas Daft Punk et son hit Get Lucky? Aujourd’hui, c’est de la pop, mais au début, c’était davantage du House. Il y a aussi eu Air (j’en parlais plus haut) et St-Germain. Moins connu, un groupe français que j’aime particulièrement c’est Invisible Pair of Hands. C’est surtout du drum & bass. Écoutez Feu d’Joie. Un autre bijou.

D’ailleurs, le style drum & bass, on le retrouve beaucoup chez la nouvelle génération de groupes jazz. En exemple, le esbjörn svensson trio (dont le chanteur est mort récemment) et, surtout, GoGo Penguin. Un son très distinctif. Une pièce à écouter: All Res du second groupe.

But, let’s focus.

Comment oublier Moby et la chanson Porcelain? Ce fut un succès planétaire suite à son utilisation dans le film The Beach avec Leonardo Di Caprio. Plus récemment, pour les amateurs de Mad men, le thème d’ouverture composé par RJD2, est aussi une pièce inspirée du style drum & bass.

Dans tous les cas, à mon avis, le style Lounge a contribué à remettre au goût du jour la musique des années 20 à 40. À ce titre, je vous suggère notamment les compilations Ultra-Lounge, avec ses couvertures assez particulières; une est en « minou » tigré et une autre arbore une roulette de casino avec les dés et tout!

On notera aussi une vaste recrudescence de la musique retro, notamment Brian Setzer, et son rockabilly-swing, ainsi que Pink Martini avec son jazz éclectique. Même la scène musicale montréalaise regorge de « revivalists », comme le groupe auquel j’ai brièvement fait partie, The Luckies.

Bref, plus on avance, plus on recule.

Bonne écoute!

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